Hier reléguée au rang de science occulte, l’hypnose médicale/hypnose thérapeutique/hypnose clinique est pourtant une pratique… médicale, qui replace l’humain au cœur du soin.

Cet outil et véritable processus – qui n’a pas grand-chose à voir avec l’hypnose de spectacle – est désormais étudié, reconnu et pratiqué dans le domaine hospitalier et plus largement de la santé. En changeant notre état de conscience, elle nous permet de modifier certains de nos comportements.

Mais qu’est-ce que l’hypnose médicale ? En quoi cela consiste ? Pour quelles indications et à qui s’adresse-t-elle ?

D’où vient l’hypnose ?

Du grec “hypnos” signifiant sommeil, cet état modifié de présence existe depuis longtemps : guérisseurs et autres chamans utilisaient l’hypnose.

Au 18ème siècle, un certain Dr Mesmer s’y intéresse particulièrement, mais sa méthode et sa vision – l’hypnose serait de l’ordre du “magnétisme animal” – est rapidement taxée de charlatanisme par ses pairs académiciens.

Ce n’est qu’un siècle plus tard que le chirurgien James Braid met en lumière les effets de l’hypnose sur le cerveau.

Sigmund Freud utilisait aussi l’hypnose à des fins thérapeutiques avec ses patientes. Mais le célèbre psychanalyste a été grandement inspiré par celui qu’on appelle le “père des neurologues”, Jean Martin Charcot. Et même si ses travaux sur les hystériques et son utilisation de l’hypnose n’ont pas fait l’unanimité, Charcot est mondialement connu et étudié en médecine.

Lorsqu’on évoque l’hypnose, difficile également de ne pas faire référence à Milton H. Erickson, fondateur d’une hypnose plus “moderne”, l’hypnose Ericksonienne.

Plus récemment, c’est le Docteur Léon Chertok, un célèbre psychiatre, qui a contribué à réhabiliter l’hypnose dans le domaine médical, avec en toile de fond l’importance de la relation patient-médecin. Le Docteur Jean-Marc Benhaiem a été son élève. En 2001, ce dernier crée la première formation universitaire consacrée à l’hypnose à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

A quoi sert l’hypnose et en quoi cela consiste ?

L’hypnose entraine un état de l’esprit modifié. On dit qu’il y a modification perceptive. Par son action, l’hypnose nous aide à modifier les représentations de ce qu’on se fait de telle ou telle chose, de tel évènement, d’une habitude, etc.

Ainsi, l’hypnose rend plus accessible notre subconscient, soit l’état psychique dont nous n’avons pas conscience mais qui influe en majeure partie sur nos comportements.

Pour schématiser, ce processus permet de “débrancher” et favoriser une sorte de souplesse psychologique et corporelle, comme une prise de recul.

Ainsi, au gré des séances, il est possible de modifier nos comportements ou nos états émotionnels en reconnaissant, en libérant ou en reprogrammant les vieilles pensées et croyances profondément ancrées dans votre subconscient.

L’état hypnotique peut également aider les gens à changer leurs perceptions et leurs sensations, et est particulièrement utile dans le traitement de la douleur.

Que se passe-t-il dans notre cerveau durant une séance d’hypnose ?

Bien qu’il y ait encore des recherches sur le fonctionnement exact de l’hypnose au niveau de notre cerveau, ses effets ont été validés via des observations cliniques d’imagerie médicale.

Plus concrètement, l’hémisphère gauche de notre cerveau, celui qui est responsable de l’analyse et de la synthèse de l’information, mais aussi de la logique, est maîtrisé, tandis que l’hémisphère droit, plus intuitif, siège du “non-verbal”, est amélioré.

Ce qu’il y a de particulier au niveau du fonctionnement du cerveau lorsque nous sommes sous hypnose est que non pas deux, ou trois, mais une multitude d’aires cérébrales entrent en relation entre elles.

Une personne est toujours capable d’entendre, de parler et de porter des jugements rationnels. En effet, personne ne peut forcer à faire quoi que ce soit sous hypnose que vous ne feriez pas dans un état conscient. Mais l’état second que permet l’état d’hypnose ne nous change pas à notre insu, elle nous remet simplement en contact avec le monde et la perception qu’on en a, en adhérant à la réalité et, surtout, en lâchant prise. Nous ne sommes plus dans le contrôle.

Quelles sont les différentes types/techniques d’hypnose ?

D’abord, il faut bien comprendre que l’hypnose médicale n’a pas grand-chose à voir avec l’hypnose de “spectacle”. Si cette dernière n’est pas truquée, elle reste un divertissement, de préférence sensationnel : les spectateurs souhaitent participer activement et entrent de leur plein gré dans une transe hypnotique, où celui qui hypnotise n’est pas là pour soigner mais bien pour “faire le show”.

C’est le contraire de l’hypnose thérapeutique, dont les différents types sont :

  • – L’hypnose classique, ou hypnose directe, plus directive et qui est utilisée par exemple pour traiter rapidement la douleur ;
  • – L’hypnose Ericksonienne, où le thérapeute est plus en retrait. En échangeant avec et en comprenant son patient, il adapte son langage en suggérant plutôt qu’en donnant des ordres ;
  • – L’hypnose conversationnelle, pendant laquelle le patient ne passe pas par une transe profonde, mais plutôt un mieux-être.

Pour faire son travail, l’hypnothérapeute utilise un arsenal visuel (en montrant des images, des métaphores, en demandant d’en visualiser), auditif (se focaliser sur un son, sur sa voix) ou encore tactile.

Quelles sont les indications possibles pour l’hypnose ?

L’hypnose peut s’adresser à tout le monde : hommes, femmes, enfants, seul(e) ou en groupe.

Grace à l’hypnothérapie, on peut :

Elle est utilisée en chirurgie en raison de son action analgésique, mais aussi en cancérologie ou encore avec les enfants.

Mais l’hypnose est une aide aux professionnels de santé, pas la réponse à tout, aussi est-il important de s’en référer à des spécialistes reconnus de la profession médicale et par l’Association Française pour l’Etude de l’Hypnose Médicale.

Comment se déroule une séance d’hypnose ?

Comme pour n’importe quelle consultation médicale, l’hypnothérapeute va échanger avec son patient : pour quel motif consulte-t-il/elle ? Quel est son état clinique ? Ses antécédents ?

Ensuite, la séance peut commencer, en position assise ou allongée. En fermant les yeux ou en fixant un point, le patient va devoir se concentrer sur la voix du thérapeute qui va d’abord le préparer. L’objectif est d’arriver à ce qu’on nomme la phase d’induction, une forme de détente physique et de l’esprit pour pouvoir ensuite travailler pendant la phase de transe légère où le patient se laisse totalement guider.

Si l’hypnose est utilisée en préambule d’une d’intervention chirurgicale, le patient est accompagné tout au long.

La séance se termine généralement par un compte à rebours, qui permet de revenir à un état “normal”.

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