Gastro-entérologie

Il nous arrive d’être fâché avec une partie de notre corps qui souffre de dysfonctions.

LE CÔLON DANS LE CERVEAU

Un jour, j’ai demandé à une femme souffrant du côlon de faire d’abord la paix avec lui pour lui donner une chance d’aller mieux. Il existe des exercices spécifiques d’hypnose pour cette action. D’abord se réconcilier avec la partie du corps qui souffre pour que cette partie puisse bénéficier des systèmes protecteurs du corps à savoir systèmes antalgiques, antiinflammatoires, cicatriciels…etc.

La comparaison avec l’enfant n’est pas choisie au hasard puisque l’on peut considérer que l’enfant fait partie intégrante du corps des parents. Même loin, il ne cesse d’en faire partie. De même les parents font partie du corps de l’enfant et continuent d’y être présents même après leur mort. Quand un enfant souffre, les parents souffrent aussi puisque le corps de l’enfant fait partie de leur corps. Un corps ne se résume pas à des organes et à des fonctions. Il fait partie d’un tissu plus large incluant des pensées, des objets, des images, d’autres personnes, l’ensemble étant relié.

 

LA SÉANCE D’HYPNOSE EN PRATIQUE

Le patient est assis dans un fauteuil ou un siège confortable. La conversation porte sur ses symptômes et sur son histoire clinique. Selon les éléments donnés par le patient et selon les symptômes rapportés, la séance d’hypnose peut commencer. La fixation sur un point ou sur une sensation provoque peu à peu un flottement dans l’attention. Le silence prolongé et l’attente induisent une confusion et une incertitude qui désactivent l’activité du cortex cérébral. Le raisonnement et l’intellect sont ainsi mis en veilleuse au bénéfice de l’imaginaire.

Toute liberté est laissée aux deux protagonistes pour orienter la séance selon les plaintes et les attentes.

 

LES SUGGESTIONS

Les exercices de visualisation provoquent un changement d’attention qui est une des formes de l’hypnose.  L’usage de métaphores peut s’avérer décisif pour déclencher un mieux-être en  comparant par exemple le tube intestinal à un fleuve calme, quasi-immobile, sans heurt ni précipitation et attendre que la personne ressente vraiment cette image vivante dans son corps. D’autres études porant sur des enfants souffrant de colôn irritable, proposent de visualiser une voiture roulant et d’en modifier la vitesse selon les besoins et les sensations de chacun.

La pratique de l’autohypnose entre les séances, avec ou sans enregistrement audio, sert à entrainer les patients à vivre leur corps autrement.

Trois à cinq séances sont pratiquées pour pouvoir juger de l’utilité de cette approche et de la réactivité du patient.                                               –

 

EN RÉSUMÉ

L’état hypnotique est un état d’attention particulière qui exclut la raison et l’intellect. Cet état permet des expériences nouvelles de visualisation et d’imagination qui peuvent aboutir à « l’oubli » des croyances, des peurs et des plaintes. L’hypnose offre une réelle possibilité aux thérapeutes d’être présents à leurs patients, à leur histoire clinique et à une chance de guérison.

Toutes les pathologies digestives chroniques peuvent bénéficier de l’approche de l’hypnose selon les attentes des patients : reprendre confiance dans leur corps, calmer des spasmes, des saignements, des distensions, réguler le transit et sortir de l’invalidité qui en résultait.

 

Bibliographie

  • « L’hypnose aujourd’hui » ed InPress, Dr Jean Marc Benhaiem, 2005.
  • « Le Guide de l’Hypnose, éd InPress, 2015.
  • Zen et Hypnose, 12 Principes d’équilibre, éd de La Martinière, 2016.