Douleurs aigües et chroniques

L’hypnose est une approche non pharmacologique pour apaiser, réduire et parfois supprimer les douleurs chroniques.

Qui ne s’est senti désemparé face à une douleur qui s’installe et devient chronique ? Une maladie, un pronostic sombre, une désillusion, une douleur contre laquelle une personne vient se heurter sans pouvoir ni se relever ni contourner l’obstacle.

 

Pratiquement toutes les pathologies douloureuses chroniques peuvent bénéficier de l’approche par l’hypnose. Les céphalées de tension, la migraine, le côlon irritable, les douleurs abdominales, les dyspepsies, les douleurs temporomandibulaires, la lombalgie chronique, la fibromyalgie, les cystites interstitielles,  l’algodystrophie, les douleurs de membre fantôme, les syndromes post-traumatiques, les douleurs du cancer, les soins palliatifs, ainsi que l’anxiété qui participe à toutes ces pathologies.

 

Une personne est absorbée, focalisée par une douleur répétée ou par un deuil et ne sait plus comment s’en détacher. Le patient demande alors à l’hypnotiseur-thérapeute de le déshypnotiser, commme sur une scène de music hall où l’hypnotiseur claque des doigts pour réveiller les spectateurs qui se sont portés volontaires. Finalement c’est un réveil qui serait salutaire et non plus un sommeil. Sortir d’un cauchemar…

 

 

Mode d’installation et particularités des douleurs chroniques

 

Une douleur n’est rien sauf si elle s’installe. Une peur n’est rien, sauf si elle se renouvelle trop fréquemment. Finalement ce que l’on a à soigner à chaque fois c’est l’immobilisation, la sidération, la focalisation.

 

S’installer dans la réalité du moment

 

Exemple : une jeune femme a été opérée d’un cancer du sein suivi d’une reconstruction mammaire. Elle souffre de la cage thoracique. Les cicatrices des différents prélèvements et greffes la font souffrir et lui rappelle constamment ce qu’elle a traversé. Elle a quitté le monde de l’insouciance, sa féminité s’est modifiée. Les séances d’hypnose lui servent à calmer sa peur et sa tension musculaire. Elle constate que si elle accepte la réalité de son corps blessé, ce que l’hypnose lui permet de faire, elle souffre moins fortement.

 

Être absent à son propre corps

 

Un organe qui va bien est un organe silencieux. Prendre le corps comme il est, est la condition pour pouvoir espérer un soulagement. Etre présent à son corps même mutilé, même détérioré est la condition nécessaire pour guérir d’une douleur chronique.

 

La douleur

 

Nous pouvons donner l’exemple d’un patient qui évoquerait par des métaphores les symptômes dont il souffre. La douleur est comparée à un étau qui serre, à un tube trop étroit, à une griffure, un couteau qui transperce, une plaque de métal, des aiguilles, une barre tordue etc. Le thérapeute utilise ces métaphores au cours de la séance d’hypnose pour les modifier par l’imagination, ou en faire émerger d’autres plus adaptées à un changement de contexte donc compatibles avec une absence de douleur.

 

Le mouvement

 

Le patient, pendant l’hypnose, crée ou retrouve les images et les sensations de mouvements liés à la marche, au vélo ou à la danse. En visualisant ce vécu, il active les zones corticales sensori-motrices qui sont liées aux mouvements.

 

Comment envisager l’avenir ?

 

Selon la pathologie, la question de l’avenir du patient est posé. Dans le cas d’une guérison possible sans séquelle, il n’y a pas trop de difficultés à envisager l’avenir. Mais dans le cas de pathologies sans retour possible à la vie d’avant à cause d’importantes séquelles ou après une amputation, se pose parfois le problème de l’activité professionnelle à reconsidérer et même de la vie affective, amoureuse qui devra s’adapter à l’handicap. Là également, les séances d’hypnose pourront par des exercices de visualisation améliorer la vision qu’a le patient de son avenir.