Sevrage et tabac

L’HYPNOSE POUR ARRÊTER DE FUMER – TABAC – CANNABIS

 

L’ORIGINALITÉ DE L’HYPNOSE

L’interrogatoire du fumeur, même s’il peut être bref, est déterminant pour le soin. La séance d’hypnose va prendre appui sur les croyances du fumeur et sur le mouvement qui lui a permis de consulter. Un patient qui consulte est une personne en mouvement. Elle s’est placée sur le chemin et envisage une guérison. Elle prend le risque de guérir. A l’opposé, les fumeurs qui ne consultent pas, refusent toute expérience ; ils sont immobiles, ils décrètent « qu’ils ne sont pas prêts».

On pourrait objecter qu’il existe aussi des fumeurs qui ne désirent pas arrêter de fumer, mais consultent tout de même pour prouver cette impossibilité à leur entourage.

 

Le fumeur voit souvent la cigarette comme son amie, son plaisir, un moment de pause, de convivialité. Il est désorienté par la culture, et malmené par l’industrie qui cherche des clients. La séance d’hypnose aura pour objectif de modifier ses croyances en retrouvant son corps blessé. Ressentir l’empoisonnement, la brûlure provoquée par la cigarette pour déclencher ses réflexes de défense et prendre appui sur la jouissance d’une liberté retrouvée.

 

CE QUI EST SPÉCIFIQUE DE L’HYPNOSE

La pratique de l’hypnose permet de vivre en temps réel et surtout de ressentir les changements décidés. La période de la réflexion est dépassée, il s’agit de vivre une nouvelle situation et de s’y adapter.

Par l’imagination, il est possible d’entrer dans cette modification perceptive qui ferait abstraction du tabac ou plus exactement qui serait une indifférence au tabac.

Seule l’hypnose permet à ces jeux d’imagination de produire du réel.

Le sevrage peut se faire en une séance suivie d’un arrêt immédiat de la cigarette. Mais il est important de proposer un suivi pour accompagner les patients et les revoir s’ils se sentent en difficulté.

 

LES EXERCICES

Tirés du livre HYPNOSE-TOI TOI-MEME ! Jean Marc BENHAIEM, éd. Flammarion.

FAIRE TOMBER DU PIÉDESTAL

Si vous idéalisez encore trop le tabac, voulez-vous bien le voir comme la statue d’un dictateur qu’on déboulonne ?  Il dirigeait votre vie, il fallait accourir à son appel, il exigeait un lourd tribu financier, il oppressait votre corps et vos pensées.

LE PARASITE

Un parasite vit au dépends de celui ou celle qui l’héberge. Il vous prenait vos forces, il vous prenait votre temps, votre argent, votre souffle, votre santé, il pouvait même vous prendre votre vie ! Imaginez qu’il puisse se détacher de vous.

LE LABYRINTHE

Vous êtes dans les couloirs d’un labyrinthe, décrivez-le. Que voyez-vous autour de vous ? D’autres personnes ? Des collègues ? Que font-ils ? Voyez-vous la sortie ?

L’INDIFFÉRENCE

Imaginez vos cigarettes, regardez-les et faites en sorte qu’une indifférence vous vienne.

PROIE-PRÉDATEUR

Êtes-vous d’accord pour vous visualiser comme une proie, un animal immobilisé par son prédateur ? Si oui, comment voyez-vous la scène ?  Une fuite est-elle possible ?

PORTER ATTENTION AU CORPS

Voulez-vous bien porter attention à une zone de votre corps qui ressent la blessure du tabac ? Gorge ? Bouche ? Poumons ? artères ?

LA RESPIRATION

Voulez-vous bien retenir votre respiration quelques instants ? Attendez que cela vous devienne désagréable, puis reprenez de l’air. C’est bien l’air qui nous fait vivre.

Conclusion

Le praticien de l’hypnose a confiance dans les ressources de ses patients. Il sait que le corps humain peut calmer le manque de tabac et de cannabis en augmentant ses sécrétions d’endorphines, de sérotonine, de dopamine.  Il décide que le chemin est ouvert vers la guérison. Il suffit de se lancer. De prendre des risques.

La gratitude des patients sevrés est immense envers leur thérapeute. Ils vivent ce changement comme une délivrance magique. Ils gardent longtemps en mémoire la date de cet événement curieux qui les a vu passer de l’emprise à la liberté. Si le praticien est tranquille, têtu et bienveillant, sa présence sera décisive pour provoquer cette ‘bascule’ chez son patient.

 

A lire :

  • Oubliez le tabac ! éd. Albin Michel, par le Dr Jean-Marc BENHAIEM